3]des effets nefastes de la mode sur les adolescents

a)Conséquences négatives de la mode sur les adolescents

 

 

La mode est perçue, nous l’avons expliqué plus haut, comme un facteur d’intégration chez les jeunes.

 

 À un âge et dans une société où l’image contribue grandement à définir l’identité, les lycéens, mais aussi les collégiens, soignent donc leur «look». Chacun y va de son style pour se singulariser, communiquer son état d’esprit en affichant clairement son appartenance à une sensibilité, à une «tribu culturelle».

 

 Chaque « tribu » a son code vestimentaire, ses marques fétiches.

 Ainsi, il y a les "chal'" qui portent des vêtements griffés, les "gothiques" qui affichent un style plutôt morbide, les "surfeurs" ou "skaters" dont les pantalons baggy tombent sur les cuisses, les "racailles" qui ont un look inspiré des banlieues mais aussi des "rastas", des "basketteurs" etc. En prenant quelque chose à l’autre, l’adolescent construit donc sa propre personnalité. Il copie le style de son frère, sa sœur ou de son copain pour mieux se construire lui même. 

 

 Sans cette volonté d’intégration, qui passe par les marques et par le « look » vestimentaire en général, il arrive que des adolescents soient rejetés, isolés dans la cour de recréation parce qu’ils n’ont pas les vêtements qu’il faut.

 

 Cela est surtout vrai au collège où le conformisme vestimentaire atteint son paroxysme. Le jeune se précipite pour revêtir les attributs qui vont faire de lui un « adolescent accomplit ». Une pression telle s'exerce pour avoir le bon look, les bonnes marques, que le jeune n'a pas le choix d'être différent. A cet âge, surtout entre 11 et 15 ans, il est trop difficile de se dégager de l’emprise du groupe pour s’affirmer individuellement. Aussi, en usant d’habiles arguments liés à leur bonne intégration au groupe, les adolescents peuvent, inciter leurs parents à acheter des vêtements et  des chaussures de marque.

 Et quand les parents n’ont pas les moyens de payer, les adolescents désargentés en viennent parfois à racketter les autres pour pouvoir s’offrir «de la marque». Les cas de vols de baskets à 150 € ne sont pas rares dans les établissements scolaires. Certains jeunes gardent des parkings la nuit pour se procurer l’argent de poche nécessaire à leurs besoins de consommation de marques, au détriment de leurs études et de leurs santés. 

 

C’est d’ailleurs pourquoi les jeunes sont la principale cible du marché de la contrefaçon de vêtement de sport. Ils sont les plus disposés à acheter des articles copiés. Ils sont prêts à tout pour porter des marques et ne pas se sentir rejetés par leurs camarades. Un récent sondage réalisé au Royaume–Uni sur les comportements du public à l’égard de la contrefaçon montre que 40% des consommateurs recherchent sciemment à acheter des articles copiés et, sur ce pourcentage, plus de 50% sont âgés de 15 à 24 ans (ACG, Enquête MORI, 1997).

 

 Ces marques, ils les choisissent en fonction des images véhiculées par les magasines de mode, la télévision et l’univers musicale en particulier. On retrouve donc dans les rues le style de tel ou tel rappeur, telle ou telle chanteuse sexy.

 Cela peut poser quelques problèmes éthiques, surtout dans les établissements scolaires.  Il s’est parfois avéré que des jeunes filles, influencées par de jeunes stars internationales de la musique, arrivent en cours avec des T-shirts courts laissant le ventre nu. À l’intérieur comme à l’extérieur des établissements scolaires, nombre d’adultes se disent choqués par cette « sexualisation précoce de l’apparence ».

 

 Certaines filles n’ont pas conscience de ce qui résulte de leurs tenues dans le regard des autres quand elles s’habillent à la manière de leurs stars préférées, sur-mediatisées et excessivement déshabillées.

 

 Les garçons ne sont pas en reste, communiquant volontier sur la couleur de leur caleçon, dépassant d’un pantalon baggy (deux fois trop grand) ou tombant sur les cuisses en l’absence de ceinture… 

 

  Ainsi, la mode peut avoir des effets nocifs non négligeables sur les adolescents. Des effets qui, en étant de plus en plus pris en compte, ont meme posé la question d’un retour à l’uniforme. En effet, fin 2006, Trois députés UMP avaient déposé une proposition de loi dans laquelle ils réclamaient le port obligatoire d'une tenue obligatoire à l'école. Une proposition qu'ils ont justifié en ces termes: "Il s’agit pour les élèves d’évoluer dans un environnement d’égalité à l’abri des excès. Il s’agit pour les parents d’éviter les agressions, abus et autres moqueries que peuvent susciter certaines tenues et il s’agit enfin pour les enseignants d’avoir face à eux, lors de leurs cours, un public dignement vêtu"( Source: lefigaro.fr du 15/10/2007). La proposition a, depuis, était rejeté, mais elle illustre bien la prise de conscience collective que la mode et les marques peuvent avoir des conséquences négatives sur les jeunes, particulierement à l'école.

 

 Dans la meme lignée, mais plus axé sur la lutte contre les marques et particulierement contre le matraquage publicitaire dont elles usent pour attirer les consommateurs, un nouveau phénomène appelé « no logo », attire de plus en plus de jeunes.

 

 

 

 

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